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Leitartikel

L’OTAN, combien de temps?…

8. Juli 2018 Leitartikel 0 Kommentare
nato

Jean-Dominique GiulianiLe Président des Etats-Unis d’Amérique critique de plus en plus violemment l’Union européenne. Il l’agresse sur le plan commercial, la menace sur le plan militaire, n’hésite pas à tenter de la déstabiliser. Elle le dérange sur la scène internationale.


De Jean-Dominique Giuliani

 

Vorstandsvorsitzender der Fondation Robert Schuman und Mitglied im Kuratorium der VDFG

 

Il organise le retrait systématique de son pays de tous les accords et organisations multilatérales qu’il a longtemps inspirés ou soutenus: Accord TransPacifique, Accord Nord-Américain sur le commerce (ALENA), Accord de Paris sur le climat, Accord sur le nucléaire avec l’Iran (JCPOA), UNESCO, Comité des droits de l’Homme de l’ONU, bientôt l’Organisation mondiale du Commerce… alors que l’Union est l’exemple d’une réussite inédite du multi-latéralisme.

Il confirme, en des termes peu choisis, une tendance au repli qu’il souhaite pour son pays, que ses proches alliés ont de plus en plus de mal à reconnaître. L’influence jacksonienne qui l’inspire ne saurait expliquer ni la brutalité de ses mouvements ni occulter la gravité de leurs conséquences. Le refus du leadership américain crée partout une instabilité et nourrit les conflits actuels ou potentiels. Au point qu’on doit désormais s’interroger sur l’avenir de l’OTAN, déjà menacée par une Turquie incertaine.

Va-t-elle disparaître du fait du retrait des Etats-Unis?

Les accusations qu’il porte sur les Européens qui ne dépensent pas assez pour leur défense, prêtent à sourire lorsqu’on sait que la contribution nette et directe des USA au budget de l’OTAN ne représente qu’un millième du faramineux budget militaire des Etats-Unis. La vraie raison du maintien de l’OTAN après la fin de l’Union soviétique ne serait-elle donc que le service des intérêts américains? Seraient-ils désormais contrariés par une Europe qui s’est éveillée au point d’afficher des performances économiques comparables à celles des Etats-Unis et d’incarner à sa place une diplomatie mondiale raisonnable?

Le sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet prochain donnera aux Européens l’occasion d’une franche explication. La saisiront-ils? L’OTAN assure la sécurité du territoire européen. Elle est encore nécessaire. Elle a permis une inter-opérabilité impensable entre toutes les armées d’une Europe qui a les moyens, si elle le décide et en poursuivant de vrais efforts de défense dans la durée, d’un jour assurer seule sa sécurité. L’Alliance est aussi le camp des démocraties libérales dans un monde où son territoire recule. Elle est utile face à un voisinage révisionniste et incertain.

Donald Trump en veut-il encore?

En choisissant de discuter avec les dictateurs (Kim Jong Un), de rencontrer le président russe quelques jours après un sommet atlantique, de préférer le bilatéralisme, voire un « minilatéralisme » contraire à ce qu’il a apporté au monde depuis 70 ans, de tenter à tout propos de diviser les Européens, ce qui ne peut qu’interroger ses plus proches partenaires, l’allié américain a-t-il choisi d’affaiblir l’Europe, l’autre grand pôle démocratique mondial? Pour rester en tête-à-tête avec l’Asie émergente et les régimes autoritaires? En a-t-il réellement envie et vraiment les moyens? Et le peuple américain, cousin de l’Europe, est-il d’accord avec cette rupture annoncée, qui porte atteinte à ses propres intérêts?

Les Européens s’honoreraient de poser franchement la question à ce président si spécial et de ne pas accepter ses critiques inexactes et injustes: veut-il quitter l’OTAN?

Quelle que soit la réponse, le seul fait de poser la question montre combien l’environnement de l’Europe a changé et à quel point elle doit se presser de se ressaisir pour répondre, par elle-même et de manière crédible, à ses besoins sécuritaires et à l’attente de ses citoyens. Il n’y a donc pas lieu d’accepter un quelconque chantage et surtout de faiblir dans la recherche d’une autonomie, voire d’une indépendance européenne sur la scène internationale, qui passerait alors – ironie suprême – par le maintien de l’OTAN sans les Américains.

 

 

 

 

 

 


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